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" Chaussement te fault et solers,

Pour les venues, pour les alers,

De blanc, de noir et de vermeil,

L'un de blanc, l'autre despareil (1) ,

Qui soient fait comment qu'il prangne,

Estroiz, escorchiez à poulaine,

Ronde, déliée et agüe,

Tant qu'om la voye par la rue;

Aucune foiz soient à las,

A bouclette, puis hauls, puis bas,

Selon l'esté ou les yvers,

Et la saison des tems divers,

Fault chauces et cotte hardie

Courtelette, afin que l'en die :

Vez-là beau piet et faiticet. (2) "

Passage d'un poème d'Eustache Deschamps -XIV ème siècle-

1- Selon Viollet le Duc, on portait vers 1365 des souliers dépareillés en couleurs, l'un blanc par exemple, l'autre bleu, ou rouge, ou vert...

2- Faiticet = joli

 


Ces souliers sont réalisés selon la technique historique d'assemblage, une coutûre d'angle retournée...La partie supérieure englobe parfaitement le pied et assure un confort total. Ces souliers sont entièrement doublés de peau d'agneau très fine, (ou de cuir de porc) pour plus de tenue et aussi pour tenir le peton au chaud. La semelle gauche est identique à la droite, et son étroitesse donne effectivement un pied très fin.
Les longues robes
voilaient entièrement les jambes, le petit pied visible était donc un instrument incontournable de séduction pour les dames du Moyen-Âge, ses courbes gracieuses mettent en valeur une extrème feminité, comme de nos jours encore... 

La différenciation des pieds ne se fait qu'à partir de la fin du 18 ème siècle ! A l'utilisation, le cuir de la semelle se cintre pour épouser la forme de chaque pied. La chaussure au moyen-âge était un bien coûteux et représentait un investissement important mais les savetiers avaient bien pensé les moyens de réparer les souliers à moindre frais, une chaussure devait être esthetique, confortable, solide et facile à réparer. Il fallait à peu près 16 heures de travail, soit 2 jours, pour fabriquer des souliers bas, un jour pour coudre et un jour pour les laisser sècher et mettre en forme.

Le modèle en photo est convenable pour une dame d'un rang assez aisée, les bouclettes en bronze sont un signe extérieur de richesse et le cuir de veau employé est de très bonne qualité, solide et ne plissant point. Pour sortir, il vaut mieux y associer des soques en bois pour protéger pieds et chaussures, les préserver de l'humidité et des cailloux tranchants...

 

par Anne Deré
Mardi 9 janvier 2007

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Ces soques sont re-créées d'après des documents d'archéologie.

Articulées, elles sont pratiques pour aller querir de l'eau sur les chemins caillouteux.

Patins en frêne, cuir naturel huilé.

Prix indicatif : 150 Euros.

par Anne Deré
Mardi 9 janvier 2007

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Ces sollers sont re-créés d'après une image d'Osprey.

En cuir de jeune bovin huilé. Dans cet exemple, il n'y a pas de trépointe. La fermeture sur le devant de la cheville se fait avec un sanglon bifide. La forme est assez pointue.

La coutûre de la semelle est faîte en cousu-retourné dans la tranche du cuir.


 

par Anne Deré
Mardi 9 janvier 2007

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