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La fabrication de fourreaux et d'articles en cuir est suspendue le temps de notre déménagement et de la construction du nouvel atelier.

La matière première, le tannage et les outils...

Voici un schéma d'une coupe transversale d'une peau de bovin :



Toutefois, certaines peaux  ne présentent pas de glandes sudoripares
.



Voici un exposé sur la structure interne d'un cuir :




Ce schéma explique la dénomination des différentes parties d'un cuir. Il est important de connaître le nom des différentes parties de la peau car en raison de leurs différences elles ne conviendront pas aux même usages :



Ces différentes parties ont des propriétés bien spécifiques. Par exemple, les flancs sont plus souples et tendres que le croupon qui est une partie très dense.

Par Anne Deré
Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /Fév /2009 14:34

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Le tannage, est une technique qui permet après un long travail, de transformer la peau brute en cuir souple, résistant et imputrescible. Au cours de cette opération, il s'opère des réactions chimiques complèxes qui ne sont pas toutes expliquées, encore de nos jours.

Au Paléolithique, la peau de l'animal est convoitée, elle offre chaleur et protection. Elle fût dans les premiers temps simplement écharnée à l'aide de silex tranchants et séchée.

La peau "crue" à tendance à se rigidifier et se rétracter, elle reste néanmoins très sensible à l'eau, qu'elle peut absorber en grandes quantités. Cependant pour la réalisation de ligatures ou de protections, elle convient parfaitement.

Le tannage "à l'huile" est une méthode maîtrisée depuis de Néolithique, dans ce processus, ce sont les acides gras insaturés présents dans l'huile qui vont inter-agir avec la protéine présente dans la peau : le collagène. Cette matière grasse ne doit être ni trop insaturée, ni pas assez. La cervelle de l'animal, sa graisse, son foie, les oeufs, les huiles de poisson ou de mammifères marins se prêtent à cette opération. Les aldéhydes formés par l'oxydation de l'huile, se combinent au collagène et le rend chimiquement stable, d'autres agents interviennent et "polymérisent" les fibres. Pour préparer à ce tannage, le cuir pouvait être mâche ; la salive légèrement acide faisant office de pickelage; il était ensuite enduit de la cervelle de l'animal.

Il s'agit en gros, de remplacer l'eau et les fragiles liaisons grasses présentes à l'intérieur de la peau, par des liaisons grasses plus stables. On obtiens par ce procédé un cuir souple jaune orangé, très résistant à l'eau.

Appelé "chamois" ou "peau chamoisée", cette technique beaucoup utilisée au Moyen-âge, pour la confection des vêtements et sous vêtements, des gants.Des moulins activés par la force de l'eau étaient conçus pour cette activité.

C'était le travail exclusif des chamoiseurs.

Vidéo sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/xfe2gw_la-peausserie-de-niort_news

Le tannage "à la fumée" est un procédé différent qui provoque les mêmes transformations à l'intérieur de la peau. En chauffant doucement le peau au dessus d'un feu de bois vert, la fumée contenant des aldéhydes et des phénols s'associent avec le collagène. Différents essences d'arbres peuvent être utilisées pour diversifier les teintes. Le cuir obtenu de cette façon est sombre, plus rigide et résistant à l'eau. Le tannage à la fumée peut être associé au tannage à l'huile, pour le rendre plus étanche, ou au tannage végétal pour le rendre plus souple.

Le tannage végétal, fût au point dans l'Egypte antique et en Chine, le tannage dit végétal est réalisé avec des matières astringentes : Tan (en langue gauloise : chêne) est le nom donné à l'écorce de chêne broyée et réduite en poudre, le tannin est du tan ajouté à de l'eau pour faire un jus. Cependant l'étymologie du mot "tan" est incertaine, il pourrait aussi s'agir du mot "tannen" (en allemand) : sapin, qui servait aussi de matière tannante.

Le cuir végétal peut s'obtenir avec différentes matières selon le lieu : la noix de galle (pousse sur les feuilles de certains arbres), l'écorce de châtaignier, de mimosa, de bouleau, la garouille (écorce de la racine d'un chêne du bord de la méditerranée : le chêne kermès), le sumac des tanneurs ou redoul (arbuste originaire d'Asie dont les feuilles sont séchées et broyées)....

Ce procédé est le plus long et le plus complexe, chimiquement parlant. Il s'agit encore de stabiliser les fibres de collagène à l'échelle moléculaire.

De PH acide : entre 3.5 et 5

Il nécéssite une préparation au tannage très précise ainsi que des finitions poussées.

Un tannage dit minéral à l'aide d'alun natif est utilisé par les Egytiens, les Romains et certains peuples Celtes. Cependant l'origine précise reste inconnue..

L'alun, composé de sulfate double d'aluminium et de potassium, en solution de ph 5, se fixe sur le collagène. Chimiquement moins stable que les autres procédés, cette méthode assez mal connue, fût toutefois très employée de l'antiquité à la fin du Moyen-âge. Comme c'est un cuir fragile, on retrouve très peu de témoignages archéologiques.

Ce mode de tannage appelé "mégis" au Moyen-âge,  où l'alun est employé dans une solution d'eau, sel, farine, jaune d'oeuf, huile d'olive. On retrouve recette à quelques variantes près dans le manuscrit de Bologne, le Mappae et celui de Rosetti. Une pâte est faite de ces ingrédients, elle est étalée sur la peau préalablement "confite" à au moins deux reprises.

Cette technique donne un cuir qui résiste peu à l'eau, mais d'une grande souplesse et d'une blancheur éclatante. Il pouvait être teinté avec des matières tinctoriales à peu près comme pour les tissus.

Voir nos expériences de tannage "à la pâte à crêpes" : http://association-orchis.over-blog.com/categorie-10122529.html

Un tannages mixte alun/végétal ou végétal/alun est possible. Les Hittites pratiquaient un tannage mixte noix de gales et alun. C'est à dire qu'il faut faire un pré-tannage à l'alun et finir par un bain de matières végétales ou inversement, mais pas en même temps pour des problèmes de PH, il se produirait un phénomène de "plaquage".

De principe plus moderne (fin 19ème siècle), le tannage dit chimique peut se faire avec de l'alun de chrome ou de l'alun de chlorure d'aluminium, on parlera alors de cuir chromé.

De processus bien plus rapide, et très stable déclencha un changement total dans la production du cuir. Il est très résistant à l'eau et à la chaleur, on peut le faire bouillir sans le dénaturer. Contrairement au tannage végétal, la solution contenant ces sels de chrome est basique. Le cuir chromé est majoritairement utilisé de nos jours, pour les canapés et les chaussures, toutefois l'oxyde de chrome est très toxique et peut provoquer des allergies.

Bien sûr les procédés de tannage chimique et végétal et huile peuvent être combinés, cela réduit le temps de fabrication donc le coût final de la matière..


Références bibliographiques :

"Le travail du cuir de la préhistoire à nos jours" ouvrage collectif, Ed. APDCA,2001

"La tannerie Romanaise" Ed. "la manufacture" par Annie Roche,1984

" Le tan et le temps" par Eva Hallasz -Csiba dans Techniques et cultures p 147-174, 2001

Par Anne Deré
Lundi 19 novembre 2007 1 19 /11 /Nov /2007 15:05

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Le parchemin, sa fabrication et son emploi.


Eythymologie ( selon mon dico) : Bas latin : pergamena ( charta). Grec : pergamêné, "(peau) de Pergame"; parchamin. 1050.

Pergame : Aujourd'hui Bergama, en Turquie.

Origines du parchemin

-152 avant J.C, l'Egypte détient le monopole du papyrus, matière fragile, rare et chère. C'est la rivalité entre la cour royale de Pergame et celle d'Alexandrie pour avoir la bibliothèque la mieux garnie. Soit environ 200 000 volumes.
Plus souple, plus résistant et plus mince que le papyrus, le parchemin qui est déjà utilisé depuis près de 3000 ans, atteint alors un niveau de qualité innégalé et devient suffisament noble pour conserver des textes sacrés.

D'abord utilisé en rouleaux, le parchemin enroulé était conservé dans un étui en cuir appelé "scrinium".
Beaucoup plus économique en matière que les rouleaux, les codex étaient des feuilles pliées et cousues en cahiers et reliées ensemble. ils conservaient deux fois plus de textes (recto-verso).
Le livre comme nous le connaissons est apparu dès le III ème siècle, plus facile à transporter et à manipuler.

Il a énormément contribué au développement intellectuel et à la création artistique. En France, le papyrus est encore utilisé par les mérovingiens, c'est à l'époque carolingienne que le parchemin fit son apparition. Au 13ème siècle, seul le parchemin est utilisé pour les manuscrits, il a permis d'inventorier les "savoirs-faire", et passer de la transmission orale à celle écrite. Voir les différentes "chroniques médiévales", traités d'escrime ou universitaires, recueils de lois...

Utilité du parchemin
Dès lors, ce "nouveau" support permit d'illustrer les textes, d'images colorées et dorées. Ce fût la naissance d'une nouvelle expression artistique qu'est l'enluminure.
L'intérêt est d'aider à la compréhension du texte, de le rendre "lumineux", une année (en moyenne) est le temps de fabrication de ces ouvrages.
Outre ce travail d'écriture colossal, le parchemin, produit par un long travail fastidieux,
est une matière très onéreuse et ajoute de la valeur à ces ouvrages. Des manuscrits entiers ont été "recyclés" pour récupérer le précieux parchemin, ce sont les palimpsestes.

Au 11ème siècle, la taille des images se réduit encore pour utiliser la peau au maximum, ce sont les miniatures.
Ce travail était confié aux moines " copistes" ou "scriptores" et de l'ymagier.



Moine achetant du parchemin. Manuscrit allemand, 13 ème siècle.
Copenhague, Det Kongelige Bibliotek, grs 4, II, f° 183 r°.


Voir le site suivant pour en savoir plus sur la calligraphie :
http://perso.orange.fr/ecriture.claude/Accueil.html




Comment fabriquer du parchemin


Le parchemin n'est pas tanné, la peau de mouton, de chèvre, de très jeune veau, est trempée dans la chaux pour enlever les poils et l'épiderme.
Ensuite, tendue de façon homogène, elle est écharnée, saupoudrée de chaux et de craie qui agit comme un buvard en dégraissant la peau ; cendres, os, coquilles ; soit des produits basiques sont diversement employés, puis un ponçage soigneux est effectué.
Ce traitement rend la peau solide,lisse et d'un blanc éclatant.

Que faire avec du parchemin ?

Le parchemin pouvait servir à la réalisation de livres (pages et reliures), instruments à percussion, carreaux de fenêtres, "papier calque"...











Fritz, un parcheminier de Nuremberg.

Vers 1450. Stadtbibliotek, Nuremberg Copyright AKG-image.

Par Anne Deré
Lundi 14 mai 2007 1 14 /05 /Mai /2007 11:38

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Le tannage d'une peau est très variable en fonction de la qualité recherchée, un cuir tanné naturellement peut rester en fosse deux ans au grand minimum pour une peau de vache.

La valeur d'une peau tannée dépend sûrement de la durée son traitement, de la nature de la peau, du cerf ou à l'extrême opposé du mouton ou du bovin et l'aspect de la peau (si l'épaisseur et la densité est constante, ou défaut visuel, cicatrice, blessure).

Le cuir vert ( Rawhide ), cuir salé ou séché.

1. Trempe : Nettoyage de la peau du sang et du sel à l'aide de beaucoup d'eau.

2. Ebourrage : Retirer les poils et supprimer l'épiderme. Utilisation de cendre, chaux ou sulfure. En solution de pH14. C'est l'opération de "chaulage", utilisation de fosses appelés "pleins", c'est le "pellanage" qui détruit les liaisons grasses et empèche le cuir de durcir.

3. Echarnage : Retirer les chairs et les graisses restantes à la main.

Le cuir en trippe ou croute, prêt au tannage proprement dit.

4. Déchaulage : Retirer la chaux et rincer la peau à l'aide d'acides faibles.

5. Le pickelage ou confitage : Avec des acides plus ou moins forts, son fermenté, urine (ammoniaque), alun, sel, soufre (acide sulfurique) j'allais oublier les excréments de chiens et les fientes d'oiseau ... Il s'agit d'ouvrir les pores de la peau, la faire gonfler, la préparer à recevoir les tannins, faire baisser le PH de la peau.

6. Tannage : Empêcher la peau de pourrir. Différents bains de pH de plus en plus acide (5 à 2.5) sont utilisés pour ammener la peau à un pH de 5.2 au final. Utilisation de tanins naturels en cuve, fosse ou tonneau. Il peut être végétal ou minéral ou organique (voir histoire des tannages ci-dessus)

Le produit terminé, le cuir en croute.

6. Teinture a l'aide de pigments végétaux ou minéraux ou de réaction chimique, les infos manquent à ce sujet !

7. Nourriture Graissage du cuir pour garder de la souplesse aux fibres. Graisse animales, huile de pied de boeuf, huile de lin.

 

Par Anne Deré
Dimanche 26 mars 2006 7 26 /03 /Mars /2006 15:50

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Quelques outils pour travailler le cuir :

- La cornette à tracer : Elle sert à tracer un gabarit sur le cuir. C'est un outil très simple au fer en forme de feuille de laurier.

- Le couteau demi-lune ou couteau à pied : Il sert à découper le cuir pour suivre un gabarit, il sert aussi pour amincir le cuir ( parage).

- Le tranchet : Sert à couper les fils, découper le cuir et faire des parages ou éventuellement découdre...

- Le couteau à parer : Il sert à parer le cuir, la lame rectangulaire n'est affûtée que le dessus de la lame.

- Le compas à pointes sèches : Il est utilisé pour marquer la distance de la couture du bord, lors de décorations ou pour faire des trous équidistants.

- La griffe à molette : Elle sert à tracer la couture et donner l'inclinaison et l'espace des points. Les molettes sont numérotées en fonction du nombre de point par pouce ( 254mm) soit 7, 8, 10et 12 étant le point le plus petit.

- La rainette : Elle est utilisée pour creuser une gorge dans le cuir épais pour le plier.

- L' alêne : Les alênes servent à percer le cuir. Il y a différentes sortes de d'alênes, on utilise l'alêne losange pour la couture, l'alêne ronde pour les débuts et arrêts de couture. Pour la bourrellerie, une alêne courbe est indispensable.

- Les aiguilles "aux pinces" ou soies de sanglier : Elles servent à passer le fil.

- L'abat- carres : Gouge en forme de V. Il permet d'abattre la carre du cuir (émousser les tranches réduit les frottements douloureux...)

- Le formoir : Il sert à faire un fini élégant en brûlant le côté fleur du cuir et en réalisant un filet décoratif, il tasse aussi les fibres de la tranche et évite au cuir de s'effilocher.

- La lissette : Elle sert à lisser la tranche du cuir au moment de la finition. Fait de bois dur et poli, il ne faut pas la confondre avec le brunissoir en agate utilisé aussi en enluminure et reliure.

- La pince à coudre : On l'utilise pour maintenir le travail pendant la couture. Utilisé comme une cale ou un étau, c'est un objet en bois fortement utile notamment en harnachement équestre, où l'artisan doit coudre des sangles de cuir très dense, sur de grandes longueurs.

- Le fil : Couramment il est confectionné à partir de fibres de lin, mais aussi de chanvre ou de laine, frotté de poix ou de cire. Une fois assemblé aux soies (une à chaque extrémité du fil), on peut parler d'un ligneul. Un fil enfilé sur des aiguilles se nomme ensemble, une aiguillée.

- Le marteau rivoir : Il sert à poser des rivets et battre la couture pour refermer les points et enfonce le fil dans le cuir.

 

Par Anne Deré de Orchis
Dimanche 26 mars 2006 7 26 /03 /Mars /2006 15:30

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Les statuts des corporations de métiers de la ville de Paris au 13ème siècle sont soigneusement consignés dans "Le livre des métiers" de Boileau. Les notes sont ajoutées ultérieurement, j'ai modifié leur ordre d'origine pour que la lecture soit plus aisée.

Lien google books :

http://books.google.fr/books?pg=PA226&vq=bourse&dq=livre+des+m%C3%A9tiers+boileau&id=66sFAAAAQAAJ#v=onepage&q=bourse&f=false

 

Les fabricants de gaines, de fourreaux en cuir (p164).

TITRE LXV.
Des Gaaigniers de Fouriaux.

Quiconques vueut estre guainiers-furreliers1, ne ouvrier de cuir bouili, en la ville de Paris et en la banliue, estre le puet, mès qu'il paie le guet et la taille au Roy, et les autres redevances que li autre mestres de Paris li paient.

Nus mestre du mestier desus dit ne puet avoir que j seul aprentiz tant seulement audit mestier, ne ne puet ne ne doit nus mestres dudit mestier prendre son aprentiz à moiens de viij anz de service, et de xx s. en deniers au moiens ; mes plus argent en puet-il prendre, ou à ix anz sanz argent.

Nus du mestier desus dit ne puet ne ne doit ouvrer par nuit, à clarté de feu ne de lumière, au mestier desus dit ; quar l'uevre qui est fète par nuit n'est ne bone ne léal.

Quiconques est mestres ne ouvriers au mestier desus dit, il ne puet ouvrer à jor de feste que conmun de vile foire, ne au samedi puis vespres, se ce n'est en l'uevre le Roy et la Raine, et aus enfans tant seulement.

Tuit li menestrel audit mestier puent ouvrer de vache ou de buef, et de cheval, et de âne, et de véel2, tant seulement, sanz metre nul autre cuir en huevre, ne viez, ne nouvel.

 

Nus menestrieus audit mestier ne puet ne ne doit faire nul hennepier3 qui ne soit de iij cuire nues tant de chief en chief, se il ne les fet ou de buef ou de vache sanz véel, se ce n'est à la fausse cerche4.

Nus menestrieus du mestier desus dit ne puet faire nul escrin audit mestier puis qu'il passe vi den. qu'il n'i mète cerche entour, s'il n'est de cuir de vache.

Nus menestrieus du mestier desus dit ne puet ne ne doit metre varlet qui ait apris son mestier hors de la ville de Paris en huevre, se li varlez ne done bone seurté, ou s'il n'a bone delivrance qu'il ait fet son devoir à celui qui son mestier li a apris hors de Paris, et fait son service bien et léalment. Et s'il avenoit que aucuns houvriers qui eust apris son mestier hors de Paris, venist à Paris, et vousist conmencier son mestier à Paris, fère le puet sanz nul contredit ; mès qu'il se contiegne aus hus et aus coustumes du mestier desus dit.

Nus mestres du mestier desus dit ne puet faire fourrel, ne cofiniau, ne autre estui, s'il n'a double fonz desus et desouz5.

Cest establissement et ceste ordenance si est fez par le conmun assent de touz ceus « du mestier, mestres et varlez, pour le conmun profit du mestier de la ville de Paris, « et pour le preu le Roy. Quiconques sera trouvez mesprenant au dit mestier puis hore « en avant en aucun des articles desus dit, il paiera v s. de paris. au Roy, toutes les « foiz qu'il en sera repris, pour l'amende, et ij s. aus mestres du mestier pour leur « poine.

« Li prevoz de Paris a mis iiij preuzdeshoumes du mestier desus dit à la requeste « de tous ceus du mestier, et pour le proufit le Roy, qui ont juré seur sainz qu'il « feront à savoir au prévost de Paris, qui qu'il soit pour le temps, touz ceus qui seront « trouvez mesprenant au dit mestier en aucuns des articles desus dits. Et seront cil « iiij preudezhomes changié et remué chascun an. Et i metra li prevoz de Paris, qui « qu'il soit, iiij autres chascun an, à la requeste du conmun du mestier dessus dit, « et jurront sus sains li iiij home que li prévoz de Paris, qui qu'il soit, y metra, « qu'il garderont le mestier desus dit, bien et léalment, en la manière dessus de« visée. »

On lit en marge les noms de jurés de diverses années : « Ce sunt li mestre du mestier des gainiers, jurés et establis par le conmun , le diemanche après la Touzsain , « l'au ccc et sis : Rollant de Berge, Marcel de La Chapelle, Bâchait du moustier, et Guillaume le gainier, desouz Chastelet. — Ce sunt les mestres de l'an ccc xvm, le « mardi avant la Saint-Clément : Rolant le fourrelier, demourrant à la porte Saint',, Denis ; Richard du moutier, gainier, devant Sainte-Opportune ; Thomas le gainier, « ou Bourc l'Abbé ; P. de Maingny, gaignier, souz Chastelet.

 

 

1 Fabricants de gaines, de fourreaux et d'étuis en cuir. Par des ordonnances d'un temps postérieur, il résulte qu'ils fabriquoient aussi des boucliers en cuir. Cependant, il n'en est pas parlé dans ce statut. Les garnitures en métal, des gaines et fourreaux, concernoient une autre corporation dont le statut suivra celui-ci.

2 C'est-à-dire en cuir de vache, bœuf, cheval, âne et veau.

3 Probablement l'étui destiné à enfermer le hanap ou le vase à boire.

4 « Terche, » Ms. C. Probablement une sorte de garniture.

5 Après un espace laissé en blanc , on trouve dans le Ms. 6 l'addition suivante :

 

Les fabricants de bourses et de braies (p.204)

TITRE LXXVII.

Des Boursiers et Braiers1.

Quiconques veut entrer ou mestier de fère bourses et braieus, et autres huevres qui apartiennent à ce mestier, il ne le puet estre se il n'achate le mestier du Roy. Et convient, quant l'en l'a acheté, qu'il ne puisse fère le mestier devant qu'il ait paié au mestres des sueurs2 xvj den. ; et ne puet ne ne doit ouvrer de ce mestier en la ville de Paris, se il ne paie chacun an iij s. de hautban au Roi, et le guiet ; et par ce sont-il franc de touz les tonliuz des cuirs que il achatent dedans la banliue de Paris, fors du cuir de cerf, dont il doivent ij den. de xx cuirs.

 

Et doivent chacun, au jour de le foire Saint - Germain, ij den. chacun pour sa place, voisent ou non3. Et chacun an, à Pasques, chacun vj den. pour les menues coustumes le Roy, et iij den. chacun à la Saint-Jehan, et chacun an au Noel vj den., ausi pour les menues coustumes le Roy, et iij s. chacun an à la foire Saint-Ladre au Roy, pour avoir chacun sa place ou lieu où il ont acoustume à avoir.

Pourcoi le conmun de ce mestier desus dit vous requiert que vous faciez deffendre au conporteurs de bourses qui vivent de ce mestier, que il ne conportent plus huevre par la ville de Paris se il ne font bonne huevre et léal, conréé d'alun4 et foillez dedanz chacune bourse de chief en chief 5, pourcoi la bourse se monte plus de iij mailles.

De rechief veulent li conmun des boursiers de Paris que nus ne puisse conporter par la ville de Paris, se n'est lui ou sa fame, se il ne tient ovrouer; et se il tient ouvroer, il i puet envoier son valet ; et se il ne tient ouvroer, il n'i puet envoier que lui ou sa fame, s'essoine n'i a6.

Et est à savoir que l'uevre de cerf desus et desoz est vraie7, et l'uevre de cheval vraie, et l'uevre de truie vraie, pour que le cuir de la truie coûte viij den.

Et est à savoir que qui fera braiers de mouton carre desus et desoz, èle est mauvesse; ne bourse d'alue n'est preuz; et bourse dont le fueil ne vet de chief en chief, n'est mie bone ; et braier de vache est bueng.

Et est à savoir que se une persone barchaigne8 denrées à un marcheant de ce mestier à son estal, que son voisin ne puet issir de son ouvrouer pour mostrer ses denrées à celui qui veut achater à son voisin, devant que l'achateur soit partiz de l'ouvrouer où il barchaigne.

Et si ne doit nus mestres de ce mestier ne tascheeur avoir c'un 2 aprentiz ; et le puet prendre à tant d'anz come il voudra, et pour tant d'argent come entre le mestre et l'aprantiz voudront ou s'accorderont.

Et pueent ovrer jour et nuit, pour coi il facent bonne huevre et léal.

Et est à savoir que quiconques ira contre ces choses desus dites, qu'il paiera au Roi trois souz d'amende, et ij sous à leur confraierie.

Pourqoi il vous requièrent que vous i métez tiex gardes bonnes et sages quant à ce mestier, qui bien et léaument le sachent et veulent garder.

 

1 Ces ouvriers faisoient des bourses et des braies ou hauls-de-chausse en cuir. Les bourses se faisoient principalement en peaux de lièvre et de chevreau, qu'on appeloit chevrotin, et les braies en peaux de vache , cerf, truie, cheval, mouton.

2 Les sueurs étoient une corporation de couturiers en souliers ; ils eurent dans la suite leur statut particulier; cependant ils finirent par être réunis aux cordonniers.

3 - Qu'ils y viennent ou non, qu'ils en profitent ou n'en profitent pas. Les marchés étoient une source de revenu pour les seigneurs sur le terrain desquels ils étoient situés, parce que chaque marchand y payoit pour le droit d'étaler ses marchandises ; et aussi pour le Roi, qui prélevoit une portion du prix de la vente. Aussi l'étalage, au lieu d'être facultatif, étoit souvent obligatoire, et beaucoup de gens de métiers à Paris étoient obligés de fermer boutique le vendredi et le samedi pour se transporter aux halles.

4 - Corroyé à l'aide de l'alun.

5 - Signifie probablement que chaque bourse doit être doublée d'un bout à l'autre , en sorte qu'elle ait une valeur de plus de 3 mailles , ou 1 obole et demie.

6 - A moins qu'il n'y ait une excuse , ou un motif pour en agir autrement.

7 - C'est-à-dire bonne et valable.

8 - Marchande

 

 

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Le sellier - harnacheur et le bourrellier. Autrefois, le sellier était un personnage très important dans la vie rurale comme à la ville. Grâce à l'utilisation du cheval, le travail ne manquait jamais, ce métier était pour celà très convoité et recherché.

La bourrellerie consistre à réaliser des colliers d'attelage, comme les rembourages des bâts. A partir du XIII ème siècle, ces métiers jouissent d'un certain privilège, le travail de nuit est toléré dans de nombreuses villes. Les maîtres bourrelliers peuvent engager un nombre illimité d'apprentis et fixer les conditions de leur apprentissage. Ils sont regroupés au sein de différentes corporations et honnorent généralement Notre Dame des Vertus.

Le mot cordonnier vient de Cordoue, c'était la capitale du cuir au temps où l'Espagne était sous domination Arabe. Les gens qui travaillaient le cuir à Cordoue s'appelaient des "cordouaniers". Leur réputation s'étandait dans toute l'Europe médiévale. Victime du succès, les peaux deviennent trop onéreuses et les négociants doivent s'approvisioner au Maroc, d'un cuir de qualité appelé maroquin. Cette activité naissante qui se développe se nomme la maroquinerie.

L'appellation de bottier est très récente, elle est spécifique à la réalisation de modèles de luxe pour la la noblesse et la bourgeoisie. La réalisation de bottes de cavaliers et escarpins de dames, par exemple. Les bottiers se trouvent facilement en ville.

Le savetier désignera la plus basse classe de l'échelle des faiseurs de soliers. La savate, chaussure de piètre qualité, faite à partir de peau de mouton. En 1614, des statuts précisent que le savetier ne peuvent " mettre en leur ouvrage plus de un tiers de cuir neuf ".

...à complèter et plus de documents, j'y travaille...

Par Anne Deré
Dimanche 26 mars 2006 7 26 /03 /Mars /2006 15:00

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