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Quelques métiers du cuir au 13ème siècle.

26 Mars 2006 , Rédigé par Anne Deré Publié dans #La matière première - le tannage et les outils...

Les statuts des corporations de métiers de la ville de Paris au 13ème siècle sont soigneusement consignés dans "Le livre des métiers" de Boileau. Les notes sont ajoutées ultérieurement, j'ai modifié leur ordre d'origine pour que la lecture soit plus aisée.

Lien google books :

http://books.google.fr/books?pg=PA226&vq=bourse&dq=livre+des+m%C3%A9tiers+boileau&id=66sFAAAAQAAJ#v=onepage&q=bourse&f=false

 

Les fabricants de gaines, de fourreaux en cuir (p164).

TITRE LXV.
Des Gaaigniers de Fouriaux.

Quiconques vueut estre guainiers-furreliers1, ne ouvrier de cuir bouili, en la ville de Paris et en la banliue, estre le puet, mès qu'il paie le guet et la taille au Roy, et les autres redevances que li autre mestres de Paris li paient.

Nus mestre du mestier desus dit ne puet avoir que j seul aprentiz tant seulement audit mestier, ne ne puet ne ne doit nus mestres dudit mestier prendre son aprentiz à moiens de viij anz de service, et de xx s. en deniers au moiens ; mes plus argent en puet-il prendre, ou à ix anz sanz argent.

Nus du mestier desus dit ne puet ne ne doit ouvrer par nuit, à clarté de feu ne de lumière, au mestier desus dit ; quar l'uevre qui est fète par nuit n'est ne bone ne léal.

Quiconques est mestres ne ouvriers au mestier desus dit, il ne puet ouvrer à jor de feste que conmun de vile foire, ne au samedi puis vespres, se ce n'est en l'uevre le Roy et la Raine, et aus enfans tant seulement.

Tuit li menestrel audit mestier puent ouvrer de vache ou de buef, et de cheval, et de âne, et de véel2, tant seulement, sanz metre nul autre cuir en huevre, ne viez, ne nouvel.

 

Nus menestrieus audit mestier ne puet ne ne doit faire nul hennepier3 qui ne soit de iij cuire nues tant de chief en chief, se il ne les fet ou de buef ou de vache sanz véel, se ce n'est à la fausse cerche4.

Nus menestrieus du mestier desus dit ne puet faire nul escrin audit mestier puis qu'il passe vi den. qu'il n'i mète cerche entour, s'il n'est de cuir de vache.

Nus menestrieus du mestier desus dit ne puet ne ne doit metre varlet qui ait apris son mestier hors de la ville de Paris en huevre, se li varlez ne done bone seurté, ou s'il n'a bone delivrance qu'il ait fet son devoir à celui qui son mestier li a apris hors de Paris, et fait son service bien et léalment. Et s'il avenoit que aucuns houvriers qui eust apris son mestier hors de Paris, venist à Paris, et vousist conmencier son mestier à Paris, fère le puet sanz nul contredit ; mès qu'il se contiegne aus hus et aus coustumes du mestier desus dit.

Nus mestres du mestier desus dit ne puet faire fourrel, ne cofiniau, ne autre estui, s'il n'a double fonz desus et desouz5.

Cest establissement et ceste ordenance si est fez par le conmun assent de touz ceus « du mestier, mestres et varlez, pour le conmun profit du mestier de la ville de Paris, « et pour le preu le Roy. Quiconques sera trouvez mesprenant au dit mestier puis hore « en avant en aucun des articles desus dit, il paiera v s. de paris. au Roy, toutes les « foiz qu'il en sera repris, pour l'amende, et ij s. aus mestres du mestier pour leur « poine.

« Li prevoz de Paris a mis iiij preuzdeshoumes du mestier desus dit à la requeste « de tous ceus du mestier, et pour le proufit le Roy, qui ont juré seur sainz qu'il « feront à savoir au prévost de Paris, qui qu'il soit pour le temps, touz ceus qui seront « trouvez mesprenant au dit mestier en aucuns des articles desus dits. Et seront cil « iiij preudezhomes changié et remué chascun an. Et i metra li prevoz de Paris, qui « qu'il soit, iiij autres chascun an, à la requeste du conmun du mestier dessus dit, « et jurront sus sains li iiij home que li prévoz de Paris, qui qu'il soit, y metra, « qu'il garderont le mestier desus dit, bien et léalment, en la manière dessus de« visée. »

On lit en marge les noms de jurés de diverses années : « Ce sunt li mestre du mestier des gainiers, jurés et establis par le conmun , le diemanche après la Touzsain , « l'au ccc et sis : Rollant de Berge, Marcel de La Chapelle, Bâchait du moustier, et Guillaume le gainier, desouz Chastelet. — Ce sunt les mestres de l'an ccc xvm, le « mardi avant la Saint-Clément : Rolant le fourrelier, demourrant à la porte Saint',, Denis ; Richard du moutier, gainier, devant Sainte-Opportune ; Thomas le gainier, « ou Bourc l'Abbé ; P. de Maingny, gaignier, souz Chastelet.

 

 

1 Fabricants de gaines, de fourreaux et d'étuis en cuir. Par des ordonnances d'un temps postérieur, il résulte qu'ils fabriquoient aussi des boucliers en cuir. Cependant, il n'en est pas parlé dans ce statut. Les garnitures en métal, des gaines et fourreaux, concernoient une autre corporation dont le statut suivra celui-ci.

2 C'est-à-dire en cuir de vache, bœuf, cheval, âne et veau.

3 Probablement l'étui destiné à enfermer le hanap ou le vase à boire.

4 « Terche, » Ms. C. Probablement une sorte de garniture.

5 Après un espace laissé en blanc , on trouve dans le Ms. 6 l'addition suivante :

 

Les fabricants de bourses et de braies (p.204)

TITRE LXXVII.

Des Boursiers et Braiers1.

Quiconques veut entrer ou mestier de fère bourses et braieus, et autres huevres qui apartiennent à ce mestier, il ne le puet estre se il n'achate le mestier du Roy. Et convient, quant l'en l'a acheté, qu'il ne puisse fère le mestier devant qu'il ait paié au mestres des sueurs2 xvj den. ; et ne puet ne ne doit ouvrer de ce mestier en la ville de Paris, se il ne paie chacun an iij s. de hautban au Roi, et le guiet ; et par ce sont-il franc de touz les tonliuz des cuirs que il achatent dedans la banliue de Paris, fors du cuir de cerf, dont il doivent ij den. de xx cuirs.

 

Et doivent chacun, au jour de le foire Saint - Germain, ij den. chacun pour sa place, voisent ou non3. Et chacun an, à Pasques, chacun vj den. pour les menues coustumes le Roy, et iij den. chacun à la Saint-Jehan, et chacun an au Noel vj den., ausi pour les menues coustumes le Roy, et iij s. chacun an à la foire Saint-Ladre au Roy, pour avoir chacun sa place ou lieu où il ont acoustume à avoir.

Pourcoi le conmun de ce mestier desus dit vous requiert que vous faciez deffendre au conporteurs de bourses qui vivent de ce mestier, que il ne conportent plus huevre par la ville de Paris se il ne font bonne huevre et léal, conréé d'alun4 et foillez dedanz chacune bourse de chief en chief 5, pourcoi la bourse se monte plus de iij mailles.

De rechief veulent li conmun des boursiers de Paris que nus ne puisse conporter par la ville de Paris, se n'est lui ou sa fame, se il ne tient ovrouer; et se il tient ouvroer, il i puet envoier son valet ; et se il ne tient ouvroer, il n'i puet envoier que lui ou sa fame, s'essoine n'i a6.

Et est à savoir que l'uevre de cerf desus et desoz est vraie7, et l'uevre de cheval vraie, et l'uevre de truie vraie, pour que le cuir de la truie coûte viij den.

Et est à savoir que qui fera braiers de mouton carre desus et desoz, èle est mauvesse; ne bourse d'alue n'est preuz; et bourse dont le fueil ne vet de chief en chief, n'est mie bone ; et braier de vache est bueng.

Et est à savoir que se une persone barchaigne8 denrées à un marcheant de ce mestier à son estal, que son voisin ne puet issir de son ouvrouer pour mostrer ses denrées à celui qui veut achater à son voisin, devant que l'achateur soit partiz de l'ouvrouer où il barchaigne.

Et si ne doit nus mestres de ce mestier ne tascheeur avoir c'un 2 aprentiz ; et le puet prendre à tant d'anz come il voudra, et pour tant d'argent come entre le mestre et l'aprantiz voudront ou s'accorderont.

Et pueent ovrer jour et nuit, pour coi il facent bonne huevre et léal.

Et est à savoir que quiconques ira contre ces choses desus dites, qu'il paiera au Roi trois souz d'amende, et ij sous à leur confraierie.

Pourqoi il vous requièrent que vous i métez tiex gardes bonnes et sages quant à ce mestier, qui bien et léaument le sachent et veulent garder.

 

1 Ces ouvriers faisoient des bourses et des braies ou hauls-de-chausse en cuir. Les bourses se faisoient principalement en peaux de lièvre et de chevreau, qu'on appeloit chevrotin, et les braies en peaux de vache , cerf, truie, cheval, mouton.

2 Les sueurs étoient une corporation de couturiers en souliers ; ils eurent dans la suite leur statut particulier; cependant ils finirent par être réunis aux cordonniers.

3 - Qu'ils y viennent ou non, qu'ils en profitent ou n'en profitent pas. Les marchés étoient une source de revenu pour les seigneurs sur le terrain desquels ils étoient situés, parce que chaque marchand y payoit pour le droit d'étaler ses marchandises ; et aussi pour le Roi, qui prélevoit une portion du prix de la vente. Aussi l'étalage, au lieu d'être facultatif, étoit souvent obligatoire, et beaucoup de gens de métiers à Paris étoient obligés de fermer boutique le vendredi et le samedi pour se transporter aux halles.

4 - Corroyé à l'aide de l'alun.

5 - Signifie probablement que chaque bourse doit être doublée d'un bout à l'autre , en sorte qu'elle ait une valeur de plus de 3 mailles , ou 1 obole et demie.

6 - A moins qu'il n'y ait une excuse , ou un motif pour en agir autrement.

7 - C'est-à-dire bonne et valable.

8 - Marchande

 

 

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Le sellier - harnacheur et le bourrellier. Autrefois, le sellier était un personnage très important dans la vie rurale comme à la ville. Grâce à l'utilisation du cheval, le travail ne manquait jamais, ce métier était pour celà très convoité et recherché.

La bourrellerie consistre à réaliser des colliers d'attelage, comme les rembourages des bâts. A partir du XIII ème siècle, ces métiers jouissent d'un certain privilège, le travail de nuit est toléré dans de nombreuses villes. Les maîtres bourrelliers peuvent engager un nombre illimité d'apprentis et fixer les conditions de leur apprentissage. Ils sont regroupés au sein de différentes corporations et honnorent généralement Notre Dame des Vertus.

Le mot cordonnier vient de Cordoue, c'était la capitale du cuir au temps où l'Espagne était sous domination Arabe. Les gens qui travaillaient le cuir à Cordoue s'appelaient des "cordouaniers". Leur réputation s'étandait dans toute l'Europe médiévale. Victime du succès, les peaux deviennent trop onéreuses et les négociants doivent s'approvisioner au Maroc, d'un cuir de qualité appelé maroquin. Cette activité naissante qui se développe se nomme la maroquinerie.

L'appellation de bottier est très récente, elle est spécifique à la réalisation de modèles de luxe pour la la noblesse et la bourgeoisie. La réalisation de bottes de cavaliers et escarpins de dames, par exemple. Les bottiers se trouvent facilement en ville.

Le savetier désignera la plus basse classe de l'échelle des faiseurs de soliers. La savate, chaussure de piètre qualité, faite à partir de peau de mouton. En 1614, des statuts précisent que le savetier ne peuvent " mettre en leur ouvrage plus de un tiers de cuir neuf ".

...à complèter et plus de documents, j'y travaille...

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